Mères célibataires, filles sans pères, chercheuses d’amour, femmes fortes, activistes des droits humains, puisez votre inspiration en Miriam

Avant de commencer, je vous propose de vous plonger dans l’ambiance dans la quelle a été écrit cet article ou en lançant un best of sur votre plateforme préférée. 

Il y a quelques semaines je suis allée voir le film “Tonton Manu” qui avait suivi le saxophoniste Manu Dibango dans ses répétitions et ses tournées juste avant qu’il ne décède des suites de la pandémie actuelle. Tonton Manu se désolait de notre méconnaissance de notre propre culture. Il pensait que nos dirigeants s’étaient trop focalisés sur notre retard technologique et en avait oublié ce qui était l’essentiel de notre âme, notre culture qui se perdait, que nous perdions. L’émission qu’il animait sur Africa n°1 avait fait un micro-trottoir dans les capitales d’Afrique francophones demandant aux passant.e.s s’il.elle.s connaissaient Miriam Makeba, et l’un des jeunes avait répondu “Miriam qui ?”. Miriam qui… Si je pense que nous devons effectivement répondre à nos besoins avec des innovations afro-centrées, je pense aussi qu’il faut qu’on réinvestisse ce qui est partie intégrante de notre âme. Avec ce modeste article, je vais essayer de rendre hommage à une chanteuse probablement des plus emblématiques du continent. Je suis hyper heureuse de vous partager quelques mots sur cette femme dont la musique, la voix me mettent presqu’à chaque fois dans un état second. La chanteuse, la militante politique, la grande Miriam Makeba, « Mama Afrika ». 

Parce qu’il a déjà été tout dit sur elle (vraiment tout), mon article sera différent de ce que je vous propose d’habitude. Je vais me contenter ici de vous ce qu’elle m’inspire. Et je vous mettrai comme à mon habitude des ressources (articles, podcasts, émissions de radio) assez exhaustives qui vous permettront d’en connaitre plein sur sa biographie si vous le souhaitez, et ce à quoi je vous invite vivement. 

Miriam c’est l’enfant qui ne devait pas vivre. L’enfant dont on avait prédit à la mère et à l’enfant qu’elles ne survivraient pas. Et la petite maigrichonne s’est accrochée à la vie.  De tous ces enfants dans les services de néonatologie avec leurs parents hypra inquiets et qui se battent pour rester avec nous sur cette planète.

Miriam c’est le bébé de 18 jours qui se retrouve avec sa mère en prison et dont la vie sera marquée par l’injustice de la négrophobie présente en Afrique du Sud et dans le reste du monde. A l’exemple de ces bébés dont la couleur de peau leur appose le seaux d’une égalité de chance qui les poursuivre toute leur vie.

Miriam c’est la fille d’une mère célibataire qui voit sa mère se briser en deux pour pouvoir s’occuper d’elle. Celle qui ne voit sa mère qu’une fois par mois parce que celle-ci s’échine dans une demeure de maitres blancs. La petite fille éduquée par sa grand-mère qui s’évade à la chorale du coin et qui apprend à chanter des chants de contestation dans des langues et des tournures verbales obscur.e.s à l’oppresseur. Elle pourrait être une patronne pour toutes les filles de mères célibataires parce que veuves, parce que pères partis. Ces enfants qui ne connaissent que le sacrifice de leur mère, la bizarrerie de ne pas vivre dans une famille “classique”, et qui rêvent dans leur chambre à la pulsation de leurs passions. 

Miriam c’est une mère célibataire qui a répété le schéma de sa mère et qui a été contrainte de laisser sa fille d’abord pour subvenir à ses besoins, mais ensuite pour militer, pour lui offrir un monde meilleur. Probablement le combat de beaucoup de femmes dans la même configuration écartelée entre envie d’offrir mieux à leur progéniture et celle de rester auprès d’elle pour la choyer et la couvrir de câlins. 

Miriam c’est celle qui s’est battue contre l’apartheid ou encore la ségrégation avec rien d’autre que sa voix et ses chants. On pourrait penser qu’il s’agit d’une arme totalement dérisoire, et pourtant les autorités de l’époque lui ont retiré son passeport sud-africain et elle n’a pu retourner dans son pays après 31 ans d’exil, au moment de la libération de Nelson Mandela. Ses disques ont été interdits de diffusion sur ce territoire et elle y était de toute façon contrainte de chanter dans des bars clandestins. Et pour ce qui est de la ségrégation, elle a été contrainte de quitter les USA pour la Guinée parce qu’elle s’est retrouvée inquiété par le FBI. C’est dire que la musique est puissante (bon ça et une bonne dose d’activité militante quand même !)  ou alors c’est la volonté d’une femme qui l’est ? Qu’est ce que serait si toutes les femmes du continent se levaient comme une seule ?

Miriam c’est la femme qu’on veut réduire au silence, qu’on met à l’écart parce qu’elle refuse les cases toutes faites. C’est toutes ces femmes qu’on traite de sorcières, qu’on harcèle, cyberharcèle, qu’on traite de tous les noms parce qu’elles refusent qu’on les traite de serpillères… Celles qu’on ménace pour qu’elles se rangent pour que leurs tourments servent de leçons, découragent les autres femmes à prendre la voie de la liberté.

Miriam, c’est l’Africaine fière et qui veut communiquer cette fierté notamment au travers d’un répertoire qui célèbre le passé glorieux du peuple noir, mais aussi les luttes des indépendantistes les plus farouches. Un répertoire qui emploie allègrement les langues et les rythmes de l’Afrique du sud et du continent. Un répertoire qui hurle l’émancipation du continent. 

Miriam c’est celle qui refuse les limites que le monde extérieur voudrait lui imposer. Sans savoir lire ou écrire de la musique, elle composera des musiques à succès. Elle est semblable à toutes ces femmes qui repoussent toujours les pensées limitantes. 

Miriam c’est une femme qui a cherché l’amour et qui n’a pas hésité à se casser lorsque l’homme à ses côtés n’était pas à la hauteur de ce qu’elle attendait de la vie. Elle a été une femme violentée, d’un mari qui ne lui a d’ailleurs pas porté secours lorsqu’elle a eu un cancer. Elle a été la femme d’hommes, de musiciens talentueux en Afrique du Sud comme aux Etats-Unis, de militants de droits civiques. Mais elle croyait à son aura propre et n’a jamais hésité à les quitter lorsque ça n’allait pas. Elle s’est toujours merveilleusement choisie elle. Une leçon que nous femmes africaines ferions mieux de toutes intégrer au lieu de nous engluer dans des relations qui nous tuent parfois à petit. Tout ça parce que nous avons peur de ne pas cocher la case validation par le mariage, par un homme. Tout ça parce que nous avons peur du regard des autres. Regard que nous voulons contenter au détriment de notre santé mentale… Et puis Miriam a aussi été la femme d’un homme politique guinéen, un homme influent. J’aimerais bien un jour pour en discuter avec elle. 

C’est aussi une femme qui a connu la richesse et la misère, la gloire et l’oubli, l’extase et la dépression. Qui a subi pleins de coups de la vie et qui n’a jamais laissé ses valeurs en chemin pour autant : la lutte pour les droits humains, pour ses droits de femme. 

Cet article vous a plus ? N’hésitez à pas à aimer ❤️ ou à le partager 📪 ! Vous avez des questions, des ajouts, ou des choses à redire ? Je suis tout ouïe 👂 !

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Sources

https://fr.wikipedia.org/wiki/Miriam_Makeba

https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/miriam-makeba-les-ailes-de-lexil

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/la-chronique-d-aliette-de-laleu/miriam-makeba-qui-etait-la-femme-derriere-le-tube-planetaire-pata-pata-9345640

https://www.universalis.fr/encyclopedie/miriam-makeba/

https://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/danse/culture-la-sud-africaine-miriam-makeba-une-voix-contre-l-oppression_4870373.html

https://www.nostalgie.fr/artistes/miriam-makeba/biographie

Publié par ngwaneeligui

Féministe, Camerounaise et Africaine

2 commentaires sur « Mères célibataires, filles sans pères, chercheuses d’amour, femmes fortes, activistes des droits humains, puisez votre inspiration en Miriam »

  1. Bonjour chère Ngwane Eligui,
    Toutes mes félicitations pour votre article !
    Je trouve que cet article pertinent et même puissant. La première notion qui me touche en le lisant est la connaissance de nous-mêmes, de nos trésors culturels. Oui, prendre le temps de découvrir ce que nous avons, une richesse culturelle inépuisable, source incroyable d’apprentissage et d’inspiration. Comme vous le soulignez, je pense que ce pas est important pour nous africaines et africains. Miriam Makeba, comme beaucoup d’autres femmes sont des pionnières dont l’imitation peut être pour nous une source de force et de réconfort dans notre propre marche « Une leçon que nous femmes africaines ferions mieux de toutes intégrer au lieu de nous engluer dans des relations qui nous tuent parfois à petit », des exemples qui nous diront d’oser le pas, de prendre notre courage à bras-le-corps pour reconquérir notre liberté, sortir des relation ou nous existons pas, ou nous sommes prisonnières de l’autre, utilisées par l’autre et rongées au-dedans de nous-mêmes par la peur de quitter, la peur du vide, la peur de recommencer a nouveau…. Miriam Makeba, Aoua Keita du Mali, funmilayo_ransome-kuti du Nigeria, …..et tant d’autres peuvent nous d’inspirer dans notre lutte.

    Avec toutes mes amities

    Aimé par 1 personne

  2. A reblogué ceci sur La longue marche pour la libertéet a ajouté:
    Bonjour chère Ngwane Eligui,
    Toutes mes félicitations pour votre article !
    Je trouve que cet article pertinent et même puissant. La première notion qui me touche en le lisant est la connaissance de nous-mêmes, de nos trésors culturels. Oui, prendre le temps de découvrir ce que nous avons, une richesse culturelle inépuisable, source incroyable d’apprentissage et d’inspiration. Comme vous le soulignez, je pense que ce pas est important pour nous africaines et africains. Miriam Makeba, comme beaucoup d’autres femmes sont des pionnières dont l’imitation peut être pour nous une source de force et de réconfort dans notre propre marche « Une leçon que nous femmes africaines ferions mieux de toutes intégrer au lieu de nous engluer dans des relations qui nous tuent parfois à petit », des exemples qui nous diront d’oser le pas, de prendre notre courage à bras-le-corps pour reconquérir notre liberté, sortir des relation ou nous existons pas, ou nous sommes prisonnières de l’autre, utilisées par l’autre et rongées au-dedans de nous-mêmes par la peur de quitter, la peur du vide, la peur de recommencer a nouveau…. Miriam Makeba, Aoua Keita du Mali, funmilayo_ransome-kuti du Nigeria, …..et tant d’autres peuvent nous d’inspirer dans notre lutte.

    Aimé par 1 personne

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